Des histoires de roues

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Marie-Françoise
Date : 6/9/2015, 19h
Lieu : Gare de Caen
Trajet : Paris – Caen – Piste verte – Piste de l’Orne – Thury Harcourt – Paris.

Des histoires de vélo, je peux vous en raconter beaucoup. Je suis d’origine flamande, ça explique ma passion du vélo: parce que je suis née dans le vélo, dans la région frontalière de Dunkerque, parce que je fais du vélo depuis l’enfance.

Je fais ça tous les dimanche, sauf l’hiver, depuis une dizaine d’année. Avant je faisais avec un groupe, mais j’ai arrêté, parce que le vélo c’est la liberté. Je visite ce que je veux, je mange ce que je veux, je m’arrête quand je veux, si j’ai envie de forcer je force, selon la fantaisie, la forme, et aussi le temps. Je pars souvent une semaine, je fais des vacances en vélo. C’est ma vie. Je passe beaucoup de temps à préparer mes excursions quand je pars une ou deux semaines. Dès fois je sous-traite, soit avec des groupes de Hollandais qui peuvent aller très loin, jusqu’en Indonésie, soit seule: ça peut être sur une île grecque pour faire du tourisme culturel avec le vélo. Ils viennent vous chercher à la descente de l’avion, ils réservent l’hôtel, ils portent les bagages et il n’y a plus qu’à pédaler.

C’est toujours un beau souvenir parce que je découvre toute l’Europe comme ça. J’ai été jusqu’en Slovénie, en Slovaquie, j’ai fait Prague, Vienne, avec un organisme hollandais – mais toute seule. Ils m’avaient donné le circuit au GPS, et ils avaient réservé les hôtels, par contre je portais les bagages et je suis venue avec mon vélo. Toute seule, je ne campe pas, j’ai un peu peur, et puis dans ces pays les hôtels sont pas très chers.

A Paris je ne fais jamais de vélo, juste pour aller à une gare. Parce que c’est dangereux, parce qu’on peut crever sans arrêt, les pistes cyclables sont très crades, je slalome entre les bouts de verre : c’est pas du plaisir. Les automobilistes font pas attention, ils ouvrent les portières…

Pour moi le vélo c’est tout : c’est à la fois le loisir et mon mode de déplacement. J’ai un vélo très léger – je le fais contrôler une fois par an chez le marchand de vélo, et je crève jamais en route. J’ai un GPS. C’est une question d’entraînement : en début de saison c’est difficile et puis après…au mois d’août j’ai fait du vélo de montagne en Suisse et en Autriche. Il n’y a qu’en France que c’est très masculin.

J’ai des histoires assez extraordinaires, les gens me croient pas d’ailleurs. Quand j’ai été il y a trois ans en forêt noire à partir de Strasbourg, j’étais extrêmement fatiguée, je suis partie très tôt, et il faisait 40 degrés et je me suis pas rendue compte – maintenant avec mon GPS j’ai le thermomètre. J’ai roulé comme une damnée et vers 4-5h j’étais tellement fatiguée que mon pied a glissé dans la roue avant et j’ai cassé des rayons. J’étais par terre sur la piste cyclable, des cyclistes allemands en face m’ont vu tomber : ils ont été cherché la voiture, m’ont chargé, ils ont pris le vélo sur la voiture, ils m’ont conduit à l’hôpital, on a fait une radio, comme j’avais la carte européenne d’assurance maladie, j’ai rien payé et puis on a tous mangé ensemble au restaurant – en fait j’avais rien, j’ai juste dû attendre que ma roue soit réparée. C’est quand même extraordinaire d’avoir rencontré des gens qui m’ont pas laissé tomber et m’ont emmené moi et le vélo à l’hôpital. Dans ces pays là – je vais en Allemagne, en Autriche le plus souvent – je rencontre toujours des gens qui viennent discuter avec moi, qui me demandent où je vais, et puis ça se passe toujours très bien.

Je ne suis pas seule vraiment quoi. Le vélo c’est vraiment un moyen de rencontrer des gens. Souvent je dors dans les auberges de jeunesse en Allemagne, parce que c’est très bien, j’ai ma chambre pour moi toute seule, et là le soir il y a toujours quelqu’un qui vient me parler. Ça me permet de me retrouver moi-même quand j’ai envie, de visiter, d’être en contact avec la nature, de faire du sport, d’être toujours en forme – de soigner beaucoup de choses. Quand ça va pas, je prends mon vélo et j’évacue tout. Je sens plus mon corps. Comme le paysage est beau, je suis dans la nature, et je suis dans le calme et le silence, y a pas de voitures, et c’est bien.

En France, ça dépend des régions. En Normandie ça se passe toujours très bien, il y a toujours des gens qui viennent me parler, des gens qui roulent avec moi pendant une heure comme ça. Dans le Nord, au-dessus de la Loire en général. Là où ça peut être agressif, où il m’est arrivé des problèmes une fois, c’est à l’arrière-pays niçois : un type qui a voulu me sauter dessus en voiture. J’ai eu très peur, maintenant j’ai une bombe lacrymogène. Ça m’est arrivé au mois de mars, il n’y avait pas énormément de monde, c’était une toute petite route de campagne qui grimpait. J’ai continué et j’ai arrêté un automobiliste qui venait en face, qui est allé voir ; il est revenu, il m’a dit « il est parti ». Mais j’ai eu de la chance qu’il y ait des voitures – le type était complètement déshabillé, c’était grave, il poussait des cris de singe.

J’ai vraiment roulé ma bosse partout, mais souvent c’est sur piste cyclable, donc ces gens là peuvent pas y accéder et on est assez tranquilles. On peut se faire voler le vélo ou des choses mais bon…dans les pays germaniques et nordiques, il n’y aucun problème. J’utilise beaucoup les guides ester bauer, et sur les hôtels qui sont indiqués il y a forcément des garages à vélo, donc je ne risque pas grand-chose. Par contre, dans le Limousin, le Massif Central, il y a beaucoup de Hollandais qui habitent là, donc je dors systématiquement dans des B&B hollandais – et là évidemment on m’accueille toujours très bien parce que je suis en vélo et je parle néerlandais, et il y en a même qui ne veulent recevoir que des cyclistes, parce qu’on a des histoires à raconter.

Dans le pays flamand, on a toujours fait du vélo, on a toujours été élevé avec ça, comme on sait nager. Même mes grands-parents nous sortaient tout le temps en vélo. Ça fait partie de soi, les hollandais ils disent « mes roues », comme on a des jambes, comme on a des pieds, on a des roues. J’ai pas donné de nom à mon vélo, mais il fait un peu partie de moi. Après je fais attention, j’ai un antivol qui se coupe pas facilement.

J’ai vraiment un équipement spécial pour le vélo. Le plus important c’est un pantalon, il faut un fond pas en mousse désagréable à porter. J’ai pas trouvé ce que je voulais en France, donc j’ai acheté aux Pays-Bas ou en Allemagne. J’en ai différentes sortes en fonction du climat, comme je peux pas mettre ma peau au soleil c’est un peu un problème. Je mets des pantalons pirates avec des chaussettes légères. La selle est de très bonne qualité, j’ai mis une couvre-selle en gel parce qu’elle commence à vieillir. Je crois que je vais mettre des freins hydrauliques : j’ai eu des soucis parce que j’ai fait beaucoup de montagne avec beaucoup de dénivelé parce que j’ai eu des soucis avec la jante de la roue. Mais j’ai un très beau vélo, c’est un vélo belge, qui fait 12 kg équipé, c’est du plastique. Ça fait 10 ans que je l’ai. Je peux le lever toute seule dans le train. Pour le reste, j’ai un gore-tex de vélo, et des vêtements de randonnée – mais les mêmes que ceux que j’utilise pour randonner l’hiver, et des gants avec du gel dedans.

Je suis beaucoup plus heureuse depuis que j’ai mon GPS exprès pour le vélo. Je l’ai depuis deux ans, je m’en sers vraiment bien depuis un mois d’un an, et avec ça je me fais vraiment des itinéraires exprès pour le vélo et culturel en même temps. On le peut mettre en VTT, cyclotourisme ou vélo de course, et donc avec ça je découvre même des endroits que je connaissais connaître. Maintenant, je dis que c’est un accessoire qui est vraiment indispensable. C’est pas un équipement gratuit, c’est quand même pas un sport de pauvre à cause de ça.

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